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Thanjavur (ancien nom : Tanjore) 220 000 habitants - Altitude : 59 - Mousson : assez faible (août --> décembre) à 60 km de l'Océan Indien et de Tiruchirapalli - à 330 km au sud de Chennai - à 158 km de Madurai
Code Postal : 613 003 |
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Thanjavur fut la capitale de l'empire Chola du 9e au 13e siècle. A cette époque, la dynastie Chola contrôlait le Sud de l'Inde et le Sri Lanka. Ils célébraient leurs victoires guerrières en construisant des temples que finançaient leurs adversaires défaits. Il y a plus de 70 temples à Thanjavur, le plus important est le Brihadeeswara Temple. Ville très agréable et très accueillante, qui paraît être à l'écart des circuits touristiques. |
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De Mamallapuram, nous avons loué un taxi pour 3 jours. Ramesh, le chauffeur, a vécu dans la région de Thanjavur, quand il habitait le petit village de sa famille maternelle, éloigné d'une vingtaine de kilomètres de la ville mais pourtant à une heure de marche du premier arrêt de bus. Il a travaillé dans les rizières pour 60 RS par jour, avant que son oncle lui trouve une place d'apprenti auprès d'un chauffeur de camion. Deux ans après, il devenait chauffeur de taxi. Il bossait depuis trois ans pour Travel XS. Et lui qui est hindou avait enfin pu se marier avec la femme qu'il aimait, une catholique. Cela expliquait la cohabitation de l'image pieuse au dessus du rétroviseur avec le minuscule temple de Shiva empoussiéré de cendres d'encens sur le plat-bord avant. Et bien qu'au Tamil-Nadu, les religions semblent cohabiter en bonne entente, les belles familles n'avaient, selon ses dires, que très modérément apprécié leur union. |
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Ramesh parlait sans quitter la route des yeux, ne s'autorisant que de brefs regards dans le rétro. Il usait avec modération de l'avertisseur et conduisait la lourde Ambassador d'une main sûre. D'après lui, la région de Thanjavur était la réserve de riz de l'Inde. Plus de 300 variétés. Et surtout, c'était la région d'Inde qui produisait le meilleur blé du pays. La semence Terminator n'a pas encore tout homogénéisé. L'après-midi finissait lorsque nous arrivâmes dans les faubourgs de Tanjore. L'Ambassador bifurqua sur la droite juste avant un pont et s'engagea sur une route étroite qui longeait une large rivière au lent cours. "Vennar River", indiqua Ramesh. Sur l'autre rive, deux magnifiques demeures dont les larges escaliers descendaient jusqu'à la rivière. Arrivée à l'hôtel. Plutôt classe. |
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La piaule est vraiment à la hauteur. Large terrasse en arrondi d'où on entend le vent dans les palmes (pas tout à fait au dessus du toit). Chambres en épis = pas de vis à vis. Le lit double est un vrai paquebot surmonté d'une moustiquaire avec ventilo incorporé. Une grande salle de bains aux lourds robinets et aux serviettes épaisses. Le tableau d'interrupteurs est digne d'un tableau de bord de 747. Les deux nuits que nous passerons à l'hôtel se révèleront insuffisantes pour en découvrir toutes les subtilités. |
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L'hôtel compte une trentaine de chambres et seules une dizaine d'entre elles semblent occupées. L'ambiance est feutrée. Les clients s'ignorent ou se saluent discrètement. Chacun semble vouloir être le seul à profiter de l'endroit. Le personnel est nombreux, efficace, zélé et discret : dîner au bord de la rivière, pique-nique à la piscine, petit-déjs sur la terrasse. |
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Thanjavur semble couler des jours paisibles sur le delta de la Kaveri. L'ancienne capitale de l'empire Chola est une cité tranquille, à l'écart des itinéraires touristiques. Très peu d'occidentaux dans les rues, ça nous change de Mamallapuram. Très peu de mendiants, de vendeurs des rues et commerçants insistants. Les uns n'iraient-ils pas sans les autres ? |
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Publicités peintes sur les murs. Les affichistes de pub ont encore de beaux jours devant eux. J'ai par contre appris d'un artiste belge qui les avait fait venir à Bruxelles pour décorer une station de métro, que les affichistes de cinéma, dont on peut admirer les gigantesques fresques durant les embouteillages de Chennai, seraient une espèce en voie de disparition. |
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Excellente pâtisserie face au marché aux fruits. J'ai goûté le butter milk... Rien à voir avec une orchata madrilène. Sûrement nourrissant mais pas terrible au goût, et à la longue vraiment indigeste. Par contre les pâtisseries à la pâte d'amande valent vraiment le détour. L'accueil est attentionné et souriant. Un vrai plaisir. Essayez les lave-mains automatiques, fou rire garanti avec le serveur qui finira par aller vous chercher un broc d'eau. |
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De bon matin (9h 30 tout de même), visite au Palais. Le taxi s'engage dans des ruelles étroites surmontées de hauts porches et débouche sur une large place déserte. Un vendeur de tissus et un vendeur de flûtiau essaient mollement de nous faire l'article. Oui, j'ai deux enfants. Non, je ne veux pas acheter de flûte parce que j'ai aussi deux oreilles. Ma plaisanterie n'arracha qu'un sourire triste à l'homme. Il y a peu de touristes dans cet endroit et les affaires ne sont pas florissantes. |
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Le jardin est un véritable havre de paix. C'est l'heure de l'arrosage des plantes et du nettoyage à grandes eaux du petit temple. L'arrosage du matin est traditionnel devant les porches des commerces et des habitations. Il présente le double avantage d'apporter un peu de fraîcheur à l'intérieur et de fixer la poussière au sol. |
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A l'intérieur du musée, une remarquable collection de bronzes chola. Finesse du travail, grâce des postures. Peinture décrépie des murs, odeur d'humidité, ventilos sur pieds et éclairage au néon. Toujours le contraste. Mais que dire du squelette reconstitué d'une baleine qu'on peut découvrir à l'étage sinon supposer que c'est le caprice d'un prince ayant vécu dans ce palais. |
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A deux pas du musée, La Tour de l'Horloge (where's the clock ?) semble sortie tout droit d'un dessin Escher. Un étroit escalier en colimaçon amorce ses marches raides dans l'obscurité la plus totale. Quelques chauve-souris éblouies par le faisceau de la torche électrique, passent et repassent en nous rasant de près. Tout en haut de la tour, la vue sur Tanjore est superbe : d'un côté : minaret de la mosquée, clocher d'une église et tours du temple émergent de l'entrelacs des constructions. de l'autre : derrière le Sanghita Mahal, la cour d'une école. De là-haut, elle paraît être un bon raccourci pour rejoindre Big Temple à pied. Mais on apprend vite au milieu de la cour qu'on ne la traverse pas sans déclencher une émeute. (isnt it JJ ?) |
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Take a break in the rush --> tea time near the pistoche. |
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Le temple de Brihadishvara est une pure merveille. Les anglais l'ont surnommé Big Temple et il y avait de quoi. Mais la minutie avec laquelle ont été réalisés bas-reliefs et sculptures est tout aussi impressionnante que la majesté du vinana. Haut de 60 m, le vinana est une tour en forme de pyramide qui surmonte le sanctuaire. Pour amener à son faîte la pierre de plus de 80 tonnes qui le surplombe, il a fallu édifier un plan incliné de plus de 6 km. Il est quatre heures de l'après-midi et les dalles de pierre sont encore trop chaudes pour la plante de mes pieds nus. Sprint sur braises jusqu'à la pelouse où l'on se pose à l'ombre d'un flamboyant. |
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D'autres personnes ont trouvé de l'ombre dans les galeries du cloître qui entourent l'enceinte Certaines abritent de petits temples dont une enfilade de lingams, d'autres servent de garage aux chars de procession colorés. Le temple se remplit tout doucement. Les femmes rivalisent d'élégance : couleurs et drapés des saris, or des bijoux aux oreilles et au nez. Le temple prend des allures de paséo espagnol : les gens déambulent, se rencontrent, devisent ou s'observent... Nous faisons de même, l'atmosphère est si sereine. |
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Le Nandi, l'animal monture de Shiva, est taillé dans un seul bloc de granit noir (6 m de long, 2,60 m de large et 1,70 m de haut). Les fidèles apportent leurs offrandes aux brahmanes qui s'affairent autour du taureau. Un rickshaw entre au pas dans l'enceinte : il transporte des bidons de métal qui sont déchargés près du Nandi. |
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Une sono reprend des airs traditionnels, les gens s'assoient sur le sol face au mandapa. Nous trouvons place à l'ombre auprès d'un père et de ses deux enfants qui nous observent à la dérobée. Un brahmane passe dans les rangs pour ce qui semble être la quête. Sa corbeille est remplie de fleurs que les gens touchent dévotement. |
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Les brahmanes juchés sur un échafaudage versent sur la tête du taureau du lait, de l'huile colorée, ainsi que des mélanges plus compacts et indéfinissables. Après chaque aspersion, les prêtres rincent le taureau à l'eau courante. Parfois, les fidèles lèvent leurs mains jointes au-dessus de leur front, d'autres discutent et rient. La cérémonie s'achève comme elle a commencé, sans tambours ni trompettes. |
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Pour sortir du temple, il nous faudra traverser le delta de rigoles safran qui coulent du Nandi-Mandapa. Le parc des deux-roues est bourré à craquer et je ne parle pas de la queue devant la consigne à sandales. On a vraiment bien fait de laisser les nôtres dans le taxi. Le parking des taxis est comme le reste : bondé de chez bondé. Mais Ramesh, qui s'était pourtant garé au fond du terrain vague saura s'extirper du labyrinthe sans trop de difficultés. Il lui faudra bien sûr moult palabres avec les chauffeurs pour qu'ils déplacent les voitures gênantes. Dans notre dos, la pierre du gopuram se dorait au soleil couchant. Direction : downtown. Ramesh nous dépose devant un grand hôtel proche de la rivière. Il y retrouve un autre chauffeur de Travel XS avec qui il passera la soirée. Nous testons le bar de l'hôtel pour satisfaire les habituelles envies pressantes : éliminer et boire. Le bar est situé au sous-sol dans une pièce aveugle à éclairage tamisé. On dirait un bar à putes du quartier Saint-Marc à Brest. Glauque et cher. Le Sathar's est à deux pas. L'endroit n'a pas changé. Le serveur non plus. Un homme rond et souriant me reconnaît lui aussi et se dit flatté de me voir revenir. Politesses orientales qui, deux ans plus tard, vous valent d'être traité en vieil habitué. La salle en briques rouges est à l'étage. Le décor est simple et chaleureux. Le palak panner et les cheese naan furent un délice. Le ginger chicken, bien relevé, n'était pas mauvais non plus. Onctueux vanilla milk-shake et massala tea épicé. On y croise la jeunesse de Tanjore, des couples d'amoureux qui se touchent à peine la main et quelques touristes solitaires. L'un deux m'intrigua particulièrement. Nous l'avions croisé cet après-midi au temple quand nous étions assis à l'ombre d'un arbre. Nous avons d'abord regardé les gens. Un des passe-temps favoris du pays. Un des nôtres aussi, quand nous jouons à déterminer la personnalité, la profession, l'entourage, parfois la sexualité d'un parfait inconnu qui passe à notre portée. Il était une cible idéale, de celles que l'on repère de loin. Son large panama blanc et son pas trop vif dans ce lieu où tous déambulent ne pouvaient qu'attirer les regards. C'était un homme brun d'assez petite taille, au corps sec et musclé. Profession libérale, chirurgien peut-être. Voyageant seul. Fraîchement débarqué comme l'indiquait le bronzage. Et sans doute un peu égaré. Il était vêtu d'une chemise et d'un pantalon noirs dans lesquels il flottait un peu, mais qui semblaient agréables à porter. J'avais déjà cru le noter au temple quand il était passé à deux pas de nous, mais là c'était flagrant. Il était assis à trois mètres et l'éclairage était suffisant pour conclure que les marques blanches qu'il avait à l'arrière des genoux était dues à un retournement de falzar. |