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Récit avec photos miniatures

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Mamallapuram

(ancien nom : Mahabalipuram)

 12 000 habitants - 60 km au sud de Chennai  - à 320 km de Thanjavur - Code Postal : 603104

plan

Ville de Mamalla (le grand lutteur) titre donné au gouverneur Narasimha Varman I de Pallava qui a construit plusieurs des temples dans le village.

Five Rathas, Descente du Gange, Sea Shore Temple : le village possède de véritables joyaux archéologiques.

Il existerait d'autres temples engloutis par la mer à quelques encablures de la côte.

 Ce village était un port à l'époque des rois de Pallavas qui ont régné à Kanchipuram du IVe au VIIIe siècle.

Très influents dans la région, on retrouve des traces de leur culture à Java, Sumatra ou encore au Cambodge.

C'est toujours un village de pêcheurs, comme en témoignent les catamarans échoués sur la plage.

La plage, immense est très peu fréquentée par les touristes.

Village très touristique (trop ?), donc un grand nombre de restaus, d'hôtels et de boutiques.

Beaucoup de possibilités de balades (vélo, à pied) autour du village.

Un endroit idéal pour s'acclimater à l'Inde à son arrivée à Chennai,

 mais d'où il est parfois difficile de repartir si on aime le farniente.

Le village s'étend en longueur entre l'océan et un promontoire rocheux fait d'un chaos de blocs granitiques.

La promenade sur la colline est agréable car il y a toujours la brise marine pour vous rafraîchir et de petits arbres pour vous offrir de l'ombre.

C'est d'ailleurs un lieu de pique-nique assez prisé comme en témoignent les détritus de toutes sortes dans les anfractuosités des rochers.

Mais la municipalité a décidé d'entretenir le lieu : nettoyage, engazonnement, pose d'une clôture tout autour du site et aménagement des sentiers.

Au hasard de la balade, on rencontrera de nombreux mandapams, temples creusés dans la roche.

Phare du Temple

On peut accéder au temple d'Ishwara par un escalier qui part du village des sculpteurs jusqu'au point culminant du site.

De là, on a une vue magnifique sur les backwaters et sur l'océan indien.

Ce temple est l'ancien phare du village, le nouveau, où sont accrochés d'impressionnants essaims de guêpes, se dresse à quelques pas.

Il peut être visité à certaines heures de la journée.

Arrière-Pays

La colline est le lieu de villégiature d'une famille de singes, des macaques rhésus.

Quand je logeai à la Vie en Rose, on pouvait observer toute la famille descendre de la colline jusqu'au toit du Mamalla Bhavan.

Ils avaient l'habitude de chaparder dans les restaurants  et les jardins alentours.

Le jardin de la Vie en Rose abrite quelques arbres dont un splendide papayer où pendait un unique fruit arrivant à maturité.

Nous étions à deviser sur la terrasse devant la chambre, quand nous avons aperçu le gros mâle sur le toit du restaurant.

Ce n'était pas sa première tentative, mais hier les employés de l'hôtel l'avait chassé à coups de lance-pierres.

Le singe resta un moment assis à nous observer. Notre absence de réaction l'autorisa à passer à l'action.

Sans se presser, il passa du toit au mur opposé, cueillit la papaye et se mit à la déguster en nous faisant face. 

C'est sans doute encore notre apathie qui l'encouragea à descendre sur la terrasse

 et à passer à quelques centimètres de nous d'un pas tranquille,

jetant même un regard par la porte de la chambre ouverte.

A voir la bête de près, ses griffes et ses dents, mais surtout l'intelligence aigue de son regard,

il nous sembla préférable de ne pas intervenir et de la laisser continuer son tour d'inspection.

Amoureux de la colline

Il est rare en Inde de rencontrer des couples d'amoureux enlacés ou s'embrassant. La pudeur (en ce domaine) reste très forte.

Mamallapuram à la réputation d'accueillir les couples illégitimes de Chennai.

Et le week-end, la colline, ses buissons et ses coins de rochers, sert de lieu de rendez-vous aux amoureux.

Les murs en ruine du Gopuram de Rayala sont ornés de prénoms indiens.

En redescendant de la colline, côté village, on tombe nez à nez avec cette énorme pierre posée en équilibre sur une pente.

C'est le Manneken Piss local, devant lequel tout le monde se fait photographier : nous n'avons donc pas déroger à la tradition. 

Les Indiens ont baptisé cette pierre Krishna's Butterball.

Le beurre est très présent dans les rites indiens, il m'est déjà arrivé pour quelques roupies données à un brahmane

de bombarder un Ganesh de petites boulettes de beurre clarifié comme au casse-boîtes dans une kermesse.

A Bicyclette

Le vélo est sans conteste le moyen de transport le plus adapté dans le village.

Beaucoup de balades dans les environs, à la rivière Palar ou le long du tank où on lave le linge, 

jusqu'au village de pêcheurs près de la centrale (nucléaire, eh oui !), à la recherche d'un coin de plage tranquille et propre...

Il permet aussi de passer devant les diverses échoppes de vendeurs en se contentant d'un simple signe de la main en réponse à leurs sollicitations.

Et par dessus le marché, il apporte un peu de fraîcheur quand la chaleur se fait brute.

Nautilus Restaurant

Chez JJ : bouffe délicieuse et originale (Vanguesh aux fourneaux) - Accueil chaleureux (Raja au service).

Un endroit où il fait bon traîner à toute heure de la journée. Musique agréable, petite bibliothèque avec des news fraîches.

Verve incomparable et anecdotes savoureuses du propriétaire des lieux. 

Aide garantie pour touristes en perdition car JJ est aussi un bon assistant social.

Notre endroit préféré dans le village.

Rue

On ne trouvera pas à Mamallapuram la même scission radicale qu'à Pondichéry entre la ville blanche et la ville indienne,

pourtant la séparation est assez nette entre la zone des touristes et le village indien.

La première nommée étant évidemment le plus proche de la mer.

La municipalité, aidée par l'Unesco, a de grands projets de réaménagement.

Déménagements du bus stand et du collège, nettoyage et clôture de tous les sites archéologiques auxquels on aura accès avec un pass.

Le quartier gypsy a  déjà été rasé et doit faire place à un parking et une galerie marchande près du Sea Shore Temple.

Il faut dire qu'il faut faire de la place pour les commerces 

qui poussent comme des champignons dans la partie allant de la mer à East Rajah Street.

Restaurants, hôtels, bijouteries, fringues, sandales, bibelots, change, marchand de bonbons, cartes postales, pellicules photos, locations de deux-roues, Internet,

Le long d'Othavadai Street, il ne doit plus rester une seule façade dépourvue d'enseignes, ni un pas de porte sans vendeur.

Il ne faut pas exagérer car ce n'est pas encore la Ville Close, ni le Mont Saint-Michel,

mais les bronze d'un oeil sont de plus en plus nombreux.

Post office

On parvient à la poste par une rue envahie par le sable dans lequel s'enfonce la roue avant du vélo. 

Elle est située en face d'un atelier de sculpture aux statues souvent imposantes.

L'accueil à la poste n'est pas des plus cordiaux, le ventilo destiné aux visiteurs est d'ailleurs résolument tourné vers les agents.

Pourtant le lieu a beaucoup de charme et l'inévitable attente permet de rencontrer des gens du coin.

Un blanc d'écolier avec un écritoire oblique permet de coller ses timbres,

en utilisant le pot rempli de riz gluant posé sur l'écritoire.

Un seau d'eau est aussi prévu pour se laver les mains après la séance de collage.

Tea Time

Un des moments les plus agréables de la journée est sans doute le tea time.

Chai brûlant au goût de caramel et pâtisseries de chez Lingam.

Les gens sortent habillés de frais, les femmes ont des fleurs dans les cheveux, les pas de porte sont arrosés d'eau,

les commerçants installent leurs échoppes, les écoliers en uniformes rentrent de l'école.

C'est l'heure où le village sort de la torpeur de la sieste et où commence le spectacle de la rue.

Ganesha

Troupeau d'éléphants

De nombreux ateliers (près des Five Rathas) et une école gouvernementale de sculpture perpétuent le savoir faire de l'époque des Pallave.

Des petites meules électriques remplacent depuis quelques années le burin et le marteau, mais le boucan est tout aussi infernal.

Les oeuvres en granite, marbre ou soapstone sont la plupart du temps d'une qualité remarquable, ciselées dans les moindres détails.

Les artistes savent faire preuve d'imagination, et les dieux, Ganesha en particulier, sont représentés dans toutes sortes de positions.

De la miniature aux statues monumentales, les artisans de Mamallapuram sont capables de reproduire n'importe quelle copie.

Quelques artistes occidentaux font d'ailleurs réaliser une partie de leurs travaux de dégrossissement dans le village.

Il est possible de s'initier à la sculpture dans un des ateliers (renseignements au Tourist Office).

Marigot de la plage

Beaucoup de touristes se plaignent de la saleté de la plage devant le village.

Elle est réelle.

La première fois que je me suis rendu à la plage au lever du soleil pour immortaliser les pêcheurs,

je dus très vite rengainer mon appareil face au spectacle des hommes accroupis au bord de l'eau.

Il est indéniable que l'endroit sert de toilettes et de décharge publiques.

Voir un enfant de deux ans patauger dans le cloaque du marigot a de quoi remuer le coeur.

Il faut espérer que dans sa volonté de restructuration,

 la municipalité trouvera une autre solution que les bulls et l'expropriation

 pour concilier le désir d'hygiène des touristes et le droit des pêcheurs.

Bateau de pêche

Les mots tamouls Kattu (liens) + Maram (bois) seraient à l'origine du mot catamaran.

Ces embarcations paraissent vraiment rudimentaires : quelques troncs de cocos ligaturés entre eux par des cordages le plus souvent en fibres de coco.

Quand on observe de plus prêt l'assemblage, les encoches faites dans le bois, les noeuds marins, l'aérodynamisme de la coque,

on découvre l'ingéniosité de la construction. Le kattumaram est un bateau en kit dont toutes les pièces sont aisément remplaçables.

Face aux puissants rouleaux de l'océan indien c'est sûrement la meilleure solution, un ensemble trop rigide se briserait.

Par contre, il faut souvent resserrer ou changer les liens que la violence de l'océan distend et surtout tenir en équilibre sur ce frêle esquif.

Le long axe qui relie l'hélice du moteur semble une incongruité de plus, tant il paraît fragile face à la puissance de l'océan. 

Mais quand on a observé les départs difficiles et les arrivées tumultueuses,

on comprend également que c'est le meilleur moyen pour conserver l'hélice dans l'eau

 et donc de la force de propulsion pour s'accorder au rythme changeant des rouleaux.

Ravaudage

Les pêcheurs s'éloignent assez peu de la côte.

A l'horizon, on aperçoit les voiles bleues qu'ils hissent pour profiter du vent de mer qui les ramènera à bon port.

Les pêches sont souvent maigres pour l'équipage de 2 à 3 pêcheurs.

Sur toutes les côtes du globe, le métier de pêcheur est ingrat et pénible.

En Inde, les pêcheurs se recrutent dans les plus basses castes : parias et autres intouchables.

Leur rue, parallèle au rivage, commence à la petite place où se tiennent parfois des conciliabules animés.

La plage est le terrain de jeux des enfants : cricket près du marigot ou surf sur moignons de troncs de coco dans l'océan.

C'est aussi le lieu de travail des parents qui ravaudent les filets et réparent leurs bateaux.

Il est possible de s'arranger avec eux pour un tour en bateau le long de la côte.

Dans les rouleaux

La plage est forcément sale devant le village et si l'on veut se baigner

il est préférable de marcher quelques centaines de mètres vers le Nord.

Cela ne vous évitera pas la visite des vendeurs de la plage qui la parcourent de long en large tant les touristes y sont rares.

On vous proposera paréos, statuettes, peintures, thé et marijuana.

Mention spéciale aux vendeuses de paréos qui sans se départir de leur sourire et de leur bonne humeur déballent leurs marchandises

 et les font voler au vent pour vous en faire apprécier motifs et coloris.

Difficile de résister à leurs marchandages.

La mer n'est jamais d'huile sur la côte de Coromandel et les rouleaux (plus importants pendant la mousson) ont de quoi impressionner le baigneur.

Peu d'indiens se baignent par loisir, un d'entre eux qui est né et habite au village m'a assuré n'avoir jamais mis les pieds à la plage,

(cela aurait été contraire aux usages de sa caste).

Pourtant, pour un adulte, le bain ne m'a jamais semblé dangereux comme à Varkala en période de mousson ou à Hossegor en été.

Il y a bien un courant, mais il est transversal. On s'en aperçoit d'ailleurs tout de suite en recherchant sa serviette.

Il y a possibilité de louer des planches de moray au Nautilus (au Monnrakers aussi me semble-t-il).

Car pour qui aime les bains dans les rouleaux dans une eau à 25° (foi de breton) sur une plage quasi déserte, 

il faut aller à Mamallapuram.

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