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Au XVIIIe siècle, la frégate Belle Isabelle
faisait
le trafic d'esclaves.
Le matin du 21 juin 1762, le bateau quitta le port de Nantes. A son bord,
il y avait vingt-deux marins dont le cuisinier, quatre officiers, un médecin et bien sûr le capitaine du navire : le capitaine
Black. Le bateau fit route vers les côtes africaines pour prendre à son bord sa cargaison d'esclaves. Mais après dix jours de navigation tranquille, la frégate dut affronter une terrible tempête au large des côtes espagnoles. Durant cette tempête, quatre hommes passèrent par-dessus bord et un seul d'entre eux put être repêché. L'homme de la vigie,
qui avait été surpris par l'arrivée soudaine de la tempête, se tua en tombant du haut du grand mât. Une quinzaine plus tard, le bateau accosta près de l'île de Gorée où il devait faire escale durant quatre jours. Le capitaine Black devait échanger des caisses de fusils contre des esclaves qui avaient été sauvagement capturé dans leurs villages.
Les négociations durèrent plus longtemps que prévu. Il fallut deux jours supplémentaires avant d'enfermer dans les cales quatre centaines d'hommes, de femmes et d'enfants. Pour compenser les pertes de la tempête, le capitaine Black recruta trois nouveaux marins parmi les vendeurs d'esclaves.
La Belle Isabelle, porté par le vent des Alizés, mit le cap sur les îles des Antilles. Le capitaine comptait y échanger sa cargaison humaine contre du rhum et du sucre. Après sept jours de mer, une épidémie se déclara à bord. Les hommes d'équipage furent tous pris de vomissements et de
fortes fièvres, mais le médecin fit des prouesses et seuls deux d'entre eux succombèrent à la maladie. Chez les esclaves, affamés et assoiffés, les pertes furent plus lourdes : un quart d'entre eux décédèrent suite à la maladie.
Le vent faiblit, et il leur fallut vingt et un jours avant d'apercevoir les premiers oiseaux marins, signe d'une terre proche. Ce fut ce même jour que le navire fut attaqué par un bateau de pirates. La bataille fut meurtrière. Onze hommes de la Belle Isabelle trouvèrent la mort au cours de
l'abordage. Le capitaine Black n'était plus très jeune, il y avait trois ans qu'il avait passé la cinquantaine. Mais, le sabre à la main et le pistolet dans l'autre, il se battit comme un lion et il mena son équipage vers la victoire. Les pirates regagnèrent leur bateau et s'enfuirent en laissant derrière eux leurs morts et leurs blessés. Le
capitaine hésita un moment à jeter les six pirates survivants aux requins. Mais il renonça, il restait trois jours de mer avant d'arriver en Guadeloupe et il avait besoin de bras pour faire avancer son navire. Le capitaine les engagea donc comme marins à son bord. Quand trois jours plus tard, la Belle Isabelle accosta en Guadeloupe, on fit sortir les
esclaves des cales du navire. Deux douzaines d'entre eux, essentiellement des enfants, furent découverts, morts d'étouffement et de soif.
L'histoire de la Belle Isabelle est imaginaire. Mais à cette époque, des centaines de bateaux français, anglais ou espagnols se livrèrent à la
traite des esclaves. Les hommes, les femmes et les enfants étaient traités comme du bétail pendant leur transport et durant toute leur vie dans les plantations de canne à sucre ou de coton.
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